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O'Neill the Mission 2008

image O'Neill the Mission 2008Une tribu constituée de cameramen, de photographes, de cuisiniers et surtout de neuf
surfeurs, qui comptent parmi les des meilleurs du monde c'est le trip O'Neill...

Neuf des meilleurs surfeurs du monde ont sillonné la cote atlantique à la recherche de la vague parfaite.

En plein coeur du pays Bigouden, trône un hameau de 850 âmes qui répond au doux nom
de Saint Jean Trolimon. Le tiers de sa superficie est constitué de pré-salés, recouverts d'un tapis d'herbes rases. Dans cette contrée sauvage, les champs s'étendent sur des kilomètres. Ils s'échouent sur les dunes de sable qui jouxtent l'océan. Seule trace de vie, quelques veilles longères en granit, éparpillées de ci de là. L'une de ces chaumières se dresse au bord de la petite route tortueuse du Vent Solaire. L'habitation fait office de surf-camp. En ce jeudi matin de la fi n du mois de mai, 32 camping-cars squattent la pelouse devant la bâtisse. C'est la caravane "O'Neill the mission".

Une tribu constituée de cameramen, de photographes, de cuisiniers et surtout de neuf
surfeurs, qui comptent parmi les des meilleurs du monde. Depuis cinq jours, ils sillonnent la cote ouest française à la recherche de vague parfaite. Une gauche ou une droite puissante, longue et régulière, qui se formerait quelque part, sur un des nombreux spot de l'Atlantique. Pour trouver leur Graal, ces aventuriers sont quitté, le dimanche18 mai, la plage de la Chambre d'Amour, à Anglet, au Pays Basque, l'un des spots les plus fréquentés de l'Hexagone. Au volant de leur camping-car, ils ont ensuite remonté le littoral, à la recherche de coins plus secrets. Trois jours, une Durit éclatée, plusieurs barrages de pêcheurs en colère franchis de haute lutte et quelques erreurs d'itinéraires plus tard, le convoi arrive à la pointe Bretagne.
"Cette région change des cocotiers qu'il y a chez moi, s'amuse le Tahitien Michel Bourez. Ce n'est pas qu'on se les gèle, mais le temps n'est pas tout à fait le même qu'en Polynésie. Heureusement, j'ai découvert comment fonctionne le chauffage dans le camping-car. Depuis, la nuit, même s'il fait froid dehors, je dors
dans un sauna. C'est parfait."

Un des membres de la O'Neill Team.-Carlos Pinto/O’NeillUn des membres de la O'Neill Team.-Carlos Pinto/O’Neill



EASY RIDERS

Les neuf riders viennent d'Australie, de Floride, de Californie, des îles du Pacifique ou de l'océan Indien. Ils ont grandi là où les vagues sont érigées en mythe et où le surf se pratique, la plupart du temps, en caleçon à fleurs. Ian Walsh a défié les plus
grosses déferlantes du monde. L'Hawaïen est un mordu des monstres de 10 mètres de hauteur. Julian Wilson représente,lui, la nouvelle génération du freesurf. À 18 ans, l'Australien est déjà passé expert dans l'art des manoeuvres radicales et des gros sauts au-dessus des murs d'eau.
Toute l'année, la plupart des neuf engagés participe aux épreuves des circuits WCT et WQS, les deux divisions du championnat du monde. "Mon rêve est d'intégrer un jour le dream tour (le circuit mondial qui rassemble les 47 meilleurs surfeurs de la planète), avoue Hugo Savalli, actuel leader du circuit européen. Les trips comme The Mission sont des bonus dans notre saison. En moyenne, on en réalise deux par an."
Le freesurf offre quelques moments d'aventure et de détente, dans un calendrier rythmé par les contests. "Ici, ajoute le Réunionnais, on recherche la figure la plus exceptionnelle. On ne retient rien. Dans les compétitions traditionnelles, il faut assurer. On est obligé de gérer."
À chaque mise à l'eau, les surfeurs sont filmés. En fin de semaine, chacun choisit les séquences qu'il souhaite montrer. Sa sélection est ensuite jugée par ses adversaires. Les riders élisent eux-mêmes le champion de la semaine.

NOUVEAUX HORIZONS

"D'habitude, ce type de notation donne un résultat objectif, assure Michel Bourez,
vainqueur de la précédente édition d'O'Neill The Mission, qui s'était disputée l'an dernier à Tahiti. Bien sûr, ce serait difficile d'étendre un tel procédé aux championnats du monde. Il y aurait probablement trop de magouilles."
O'Neill The mission, c'est une bande de potes composée d'as de la glisse, qui s'en va explorer les spots de la côte atlantique méconnus du grand public. "Le but de ce road trip n'est pas d'aller surfer les endroits que tout le monde connaît, confi rme Matt Wilson, directeur de la compétition. On veut découvrir de nouveaux horizons, aller vers l'inconnu." Mais l'inconnu ne se montre pas toujours très hospitalier...
Vendredi 16 mai, 7 h, au camp de base de Saint-Jean-Trolimon. Le temps est froid et pluvieux. La caravane de The Mission est réveillée par le "call" matinal. Comme tous les jours, les compétiteurs partent scruter la houle dès l'aurore.

Dans les eaux glacées...-Carlos Pinto/O’NeillDans les eaux glacées...-Carlos Pinto/O’Neill



DES VAGUES À L'ÂME

À cette heure précoce, en théorie, les vagues ne sont pas encore chahutées par le vent. Leur surface reste lisse et brillante. Des conditions idéales pour aller rider. Embarqués dans un bus safari tout terrain de plus de trois mètres de hauteur, les riders empruntent un chemin étroit et accidenté sur 1 500 m. La route mène au spot de La Torche, dans la baie d'Audierne. Nos aventuriers tombent sur une plage qui s'étend sur plusieurs kilomètres. La marée est descendante. Un bunker sort des flots, comme pour annoncer que la bataille va bientôt commencer. Les freesurfeurs se mettent à l'eau, mais les vagues se montrent peu consistantes.
"Frustrant, admet le Français Tim Boal. Mais c'est aussi cela le surf. Il faut savoir attendre. C'est la nature qui décide. Pas nous. On n'est pas dans un stade de foot ici." Retour au camp de base. Déjeuner, puis l'attente. Les uns jouent aux raquettes de plage, les autres dorment, certains grattent quelques accords sur leur guitare. Tranquille. En début d'après-midi, le ciel s'éclaircit. Vers 17 h, les surfeurs repartent sur le spot. Cette fois-ci, une houle d'1,50 m les attend. Trois heures de session s'enchaînent. Un amuse-gueule. Car c'est trois jours plus tard, dans la dernière session du road trip, que les vagues se montrent les plus intenses, au large de Soustons, dans les Landes.
Après une semaine de surf et plus de 1 750 km avalés dans les camping-cars, du nord au sud de la côte atlantique française, le jeune Australien de 18 ans, Julian Wilson, remporte la compétition. Il devance l'Américain Cory Lopez et son compatriote Adam Robertson, deuxième ex-aequo. Le verdict tombe vers... 2 h 30 du matin. Dans un road trip, on ne maîtrise rien et encore moins l'heure d'arrivée. Mais c'est sûrement cela, qui donne envie d'y retourner. On the board again...

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